CYRIL VALLÉE

Scrivener pour iOS arrive. Les articles disponibles sur ce site.

Temps de lecture : 1 min

Scrivener est un formidable outil  de création littéraire. Il peut être vécu comme une vraie usine à gaz, surtout la première fois qu’on se lance dans l’interface. Il dispose aussi de tellement d’options que l’on peut vraiment en faire ce que l’on veut et l’adapter à ses propres besoins. Certains écrivains comme Lionel Davoust ne jurent que par lui et proposent des articles pour le prendre en main.

Je l’ai utilisé pour écrire Ximera, Teddy Bear, le premier jet de La machine. Puis, le besoin de transporter mes écrits de manière plus souple et de pouvoir travailler sur l’iPad m’a amené vers Ulysses, autre formidable outil d’écriture, dont la simplicité est un vrai plus, et qui se synchronise sans y penser au travers du cloud, rendant tous mes manuscrits disponibles sur mon ordi, sur ma tablette et sur mon téléphone.

Et bien, la bonne nouvelle du mois, c’est l’arrivée imminente de Scrivener pour iOS (lien vers le blog en anglais).

Du coup, je me suis dit que c’était un bon moment pour lister les articles du blog sur l’utilisation de Scrivener :

Vous pouvez trouver aussi lire les articles sur la version iOS sur le blog de Litteratureandlatte.

Bonne lecture !

La bataille du milieu

Temps de lecture : 2 minutes

Vous n’avez pas été dans remarquer, cher lecteur, que l’épisode 3 de Lagrange est en retard. J’avais prévu de publier cette partie la semaine dernière, et pourtant, toujours rien à l’horizon.

Rien, dites-vous ? Ce n’est pas tout à fait exact.

La lutte de l’auteur

Il y a toujours un moment, dans l’écriture d’un roman, où l’auteur lutte, ou bute sur l’histoire. Les mots peinent à sortir, même si la structure de l’histoire globale est prête, je dirais même cuite aux petits oignons, et je n’y échappe pas sur ce roman. Car oui, Lagrange est bien un roman, même si j’ai fait le choix de le publier sous un format particulier, en cinq épisodes.

Ce troisième opus est construit comme chacun, avec un début, un milieu et une fin qui doit faire avancer l’histoire globale. Rapporté à l’ensemble de la structure narrative de Lagrange, cet épisode se situe pile dans le build. La construction de l’ensemble, l’établissement des bases sur lesquelles les progrès de mon personnage principal vont se faire, tout cela se passe dans cette partie. On est loin de l’excitation de la première partie, où il s’agit d’embarquer le lecteur, et pas encore dans la tension de la fin, qui doit être surprenant et satisfaisante à la fois.

Pourtant, cette partie est aussi indispensable à l’histoire que les deux autres (bon, oui, je schématise, mais comme cela vous voyez de quoi je veux parler).

L’autre aspect des choses est lié au choix de publication — et donc d’écriture — sous le format d’épisode. C’est que cela me laisse plus le temps de diverger du plan original, et ce que je découvre en poussant un peu dans les coins mes personnages me fait envisager d’autres choses pour la suite, de nouveaux rebondissements, voir une autre fin.

En soi c’est génial, et cette expérience (ce choix de publication) fait que du coup, ce roman n’est pas du tout le même que ce qu’il aurait été si je l’avais écrit « d’une traite », comme une autre de mes histoires.

Alors, tant pis: j’ai du retard, mais cela sert l’histoire, et j’apprends encore sur mon écriture et sur moi-même. C’est tout bénéfice pour mes futurs lecteurs, même s’ils sont obligés d’attendre un peu plus que prévu.

En attendant, pas d’inquiétude : la sortie est toute proche !

Annonce de la couverture de Lagrange, épisode 2

Temps de lecture : 1 min

La voilà, je la trouve belle, j’espère que vous aussi ! Rien de révolutionnaire puisque je veux garder une certaine cohérence sur le visuel de la série Lagrange.

Plus que quelques jours avant la sortie, prévue mercredi 9 mars.

Venez faire un tour à bord de l’U.N.S. Kilroy…

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En bonus, un fond d’écran sur le thème de la série, à télécharger par ici : (cliquez sur l’image pour enregistrer la version HD)

Fond

Jour de publication de Lagrange: 1-Cimetière

Temps de lecture : 3 minutes

C’est parti ! Je suis heureux de vous annoncer la sortie du premier épisode de la série Lagrange, intitulé « Cimetière ». C’est toujours un petit moment d’émotion, car cela revient à lâcher le contrôle qu’on a sur son histoire. Laisser mon bébé prendre sa liberté. Bouh.Lagrange-couverture02-LIGHT-600x960

Le titre est évocateur, encore que, en voyant la couverture, on pourrait se demander de quoi il s’agit. Lagrange, c’est donc de la science-fiction, et, s’il faut absolument tout classer, je dirais que l’histoire tombe dans le space-opera. Et je m’amuse beaucoup à l’écrire, ce qui est une bonne nouvelle, parce qu’en général, cela veut dire que vous prendrez du plaisir à le lire. Il faut juste que je m’y prenne correctement.

Lagrange 1: Cimetière

Le quatrième de couverture est à la fois évocateur et énigmatique :

En me réveillant dans ce vaisseau de transport, seul et abandonné, j’ai tout perdu. Le monde a changé. L’univers tel que je le connaissais n’existe plus. Et ce n’est pas que parce que je ne me souviens de rien.
Je n’ai que quelques dizaines de minutes pour trouver un moyen de m’en sortir, pour avoir une chance de savoir qui je suis. Si tout semble perdu, j’ai tout à gagner.

Vous allez donc suivre les aventures de quelqu’un qui se « réveille » dans un vaisseau complètement abandonné. Que fait-il là ? Pourquoi le vaisseau est-il à l’abandon ? Comment se fait-il qu’il soit encore vivant ?

Autant de questions qui trouveront réponse(s) au fil de l’aventure.

Pourquoi une série ?

Autre nouveauté, qui m’intéresse particulièrement : ce roman est publié sous un format d’épisodes (au nombre de cinq, en tout cas c’est ce que j’imagine au départ), publiés au rythme d’un tous les quinze jours, maximum trois semaines.

C’était quelque chose qui me plaisait déjà avec les Comics ou les nouvelles de SF de certains magazines. À une époque, j’avais même rêvé, avec David Bosman, de créer un site qui permettrait ce genre de publication épisodique (c’était OLSF : osezlasf.net). C’est donc une façon de toucher les lecteurs qui m’attire.

L’intérêt est de pouvoir susciter des réactions de lecteurs, justement, pour pouvoir orienter l’histoire dans un sens ou dans l’autre par exemple. Rendre le contenu un peu plus dynamique, puisqu’à l’heure de la publication de Lagrange : Cimetière, les autres épisodes ne sont encore qu’à l’état de révision ou même de beats pour les derniers.

Bien sûr, ce ne peut pas être aussi réactif que sur une plateforme comme Wattpad, mais le lectorat n’est pas le même, et j’espère trouver là un juste milieu. Cela a déjà fonctionné, puisque j’ai modifié certaines parties du texte sur les suggestions de premiers betalecteurs (merci notamment @fnacbookeur !) Au pire, je n’ai pas plus de retour que cela, et je suivrai l’arc narratif que je me suis fixé.

Au final, la publication des cinq épisodes devrait m’amener jusqu’à début mai. À partir de là, je pense publier Lagrange également sous le format d’un roman complet, probablement à la fin du mois de mai.

Où le trouver ?

En attendant, Lagrange 1 : Cimetière commence sa vie et est disponible sur Amazon, où il a (au moment où j’écris ces lignes) atteint le top 100 dans la rubrique Science-Fiction et le top 50 dans la rubrique SF/Grands courants. Je suis ravi, mais je sais aussi que c’est jour de lancement. Il faut juste que les lecteurs continuent à le découvrir et à s’y intéresser.

Importance du feed-back

Si vous avez franchi le cap et tenté l’aventure spatiale avec mes personnages, un grand merci ! Vous pouvez m’aider encore plus en laissant un commentaire sur la page Amazon, une des meilleures façons de faire connaitre un livre sur Amazon.

N’hésitez pas non plus à m’écrire : dites-moi comment vous envisagez la suite, dites-moi ce que vous souhaiteriez voir. Le but est justement là : influencez le cours de cette histoire !

Structurer son récit : the foolscap method

Temps de lecture : 5 minutes

L’un des points de friction de mon écriture reste l’édition, et pour être plus précis, la correction de mon premier jet, et pour être encore plus précis, la première phase de cette correction : je relis mon histoire, avec mon chapeau d’éditeur, et je ne fais attention qu’à la structure, qu’à l’arc narratif, qu’aux personnages.

Parfois, en faisant cette première relecture, j’ai un doute. L’histoire est là, telle que je l’ai imaginée, dans les grandes lignes. Tout ce que je voulais raconter est présent, et pourtant, il manque quelque chose. Difficile à saisir, impossible de mettre le doigt dessus en criant Eureka !

Au contraire : tout semble là, et pourtant, cela ne fonctionne pas.

Pourtant, on pourrait me classer dans la catégorie des outliners, ceux qui n’arrivent pas à écrire sans avoir un plan, et dans mon cas, un plan plutôt bien détaillé. C’est ce qui m’aide à avancer, sans que cela ne m’enferme puisque je peux très bien en dévier à tout moment pour suivre l’évolution d’un personnage de mon histoire.

Alors, parfois, malgré ce plan minutieux, où je crois avoir pensé à tout, il manque quelque chose, un petit quelque chose que je n’arrive pas à identifier. L’histoire ne fonctionne pas.

Entre en scène la méthode foolscap

Le foolscap, c’est un format de papier US, ce papier jaune ligné, un peu plus allongé et plus fin qu’une feuille A4. Je suis sûr que vous en avez vu dans les films ou séries américaines.

Et d’après Steven Pressfield, auteur américain qui fut l’un des premiers à parler de cette méthode, c’est la longueur idéale de papier pour coucher le plan d’un roman. Pas besoin de plus.

Comment ça marche ?

Il s’agit de reprendre son histoire, depuis une altitude très élevée.

Le premier tiers de la feuille est votre premier acte. Le second, le deuxième acte et le troisième, le dernier acte. On ne peut utiliser que l’espace autorisé par la feuille.

Il faut écrire de la manière la plus simple possible le « Et si? » au début du Premier Acte. Par exemple, pour un policier, ce serait la découverte d’un corps.

Ensuite, à la toute fin de la feuille, il faut écrire le climax du roman (ou de l’histoire, cela peut s’appliquer à n’importe quel format).

Quand vous avez le point de départ et le climax de votre histoire, vous n’avez plus qu’à remplir le reste.

Simple. Simpliste ?

Vu comme cela, c’est un peu simple. Et cela ne m’aide pas à vraiment trouver le problème dans mon histoire. Tout juste à commencer la planification.

Mais de là, Shawn Coyne, un éditeur américain ayant roulé sa bosse chez les big five pendant plus de vingt ans, élabore une méthode qui permet de détecter ce petit truc qui ne fonctionne pas dans mon histoire, justement. N’est-ce pas génial ?

Il a amélioré la grille pour en faire cette fameuse méthode, en extrapolant ce dont une histoire a besoin pour fonctionner à savoir l’unité de base, la brique élémentaire, utilisable à tous les niveaux un peu à l’idée des fractales.

Cette brique est composée de 5 éléments :

Et l’on retrouve cette brique élémentaire de partout: au niveau d’une scène, d’un chapitre, d’un acte (et c’est là qu’on rejoint la foolscap.)

Trouver ce qui ne va pas

Remplir la foolscap est assez facile. La feuille contient une première partie permettant de bien définir votre histoire en définissant le genre et les valeurs en jeu, aussi bien au niveau externe (l’action) qu’interne (le développement de votre personnage principal).

En fonction du genre choisi, il y a aussi des scènes obligatoires, scènes qu’on va trouver dans toutes les (bonnes) histoires du genre, et donc des scènes attendues par le lecteur. Le point de vue général y est défini (3ème personne par exemple), l’objet de désir du personnage, et enfin l’idée générale / le thème de l’histoire.

Voilà pour l’histoire globale. Définir clairement ces points peut paraître futile, mais de là découlent bien des choix de l’histoire à raconter. Ainsi, on peut se rendre compte qu’on a oublié une scène obligatoire du genre, ou que l’évolution de notre personnage n’est pas claire. Le petit truc qui manque, ce peut être cela.

La feuille foolscap vierge.

La suite de la grille se décompose sur les trois actes, que Shawn appelle hook (l’accroche), build (la construction), et payoff (la récompense du héros ou du lecteur). Chaque acte est composé des briques élémentaires décrites, et doit faire avancer votre narration soit vers le positif, soit vers le négatif.

Utiliser la grille pour décrypter votre texte permet une lecture à haute altitude, et permet de jauger de l’équilibre global de votre arc narratif, que ce soit en termes d’action ou de progression du personnage. C’est souvent ce qui permet de mettre le doigt sur le petit truc qui manque à votre histoire.

Pour comprendre avec un exemple, Shawn Coyne décrypte pour nous le Silence des agneaux de Thomas Harris. Vous pouvez trouver la fiche remplie ici, c’est assez instructif :

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Un exemple : la méthode foolscap appliquée au Silence des agneaux de Th. Harris.

Ainsi, il devient plus facile, avec cette vue aérienne de l’histoire, de détecter ce qui ne va pas, ce qu’il faudra équilibrer, déplacer…

Aller plus loin

 

Si vous ne pouvez pas vous y coller en anglais, il va falloir attendre un peu que je trie mes idées et avance un peu sur les quelques articles qui vont suivre, et qui vont servir de prise de note lors de mon cheminement avec cette méthode.